jeudi 2 décembre 2010

mrcrdsgn | conférence de Thomas Huot-Marchand: 08 décembre 2010

Les conférences mrcrdsgn que nous organisons avec Félix Müller et Alain Cieutat reprennent. Attention, cette année elles sont obligatoires pour les étudiants de paris 8 donc je vous conseille d'arriver tôt en raison des places limitées.

Mercredi 8 décembre nous accueillerons




Depuis la fin de ses études aux beaux-arts de Besançon et de Madrid, puis à l’Atelier National de Recherche Typographique (ANRT), Thomas Huot-Marchand partage son temps entre l’enseignement, la création de caractères typographiques et le design graphique. Il enseigne à l’école des beaux-arts de Besançon et intervient régulièrement à l’école supérieure d’art et de design d’Amiens, notamment dans le cadre du post-diplôme «systèmes graphiques, typographie & langage», et anime souvent des workshops dans plusieurs écoles d’art en France. Lauréat du fonds d’incitation à la création (Fiacre) en 2003, il a également été pensionnaire à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis en 2006-2007. Le Minuscule, un caractère qu’il a dessiné pour les très petits corps, a reçu le Certificate of Excellence in Type Design du Type Directors Club de New York dans le concours TDC2 2005. Erik Spiekermann a également élu le Minuscule comme «Favourite Font of 2007», et Paul Shaw comme l’une des «Ten Typefaces of the decade» dans Imprint. Son travail graphique s’appuie principalement sur des systèmes typographiques: la plupart de ces travaux de commandes sont l’occasion pour lui de développer de nouveaux alphabets, dont certains sont, ou seront, diffusés par le biais de sa fonderie, 256tm. Thomas Huot-Marchand à récemment rejoint l’Alliance Graphique Internationale.

Le 8 décembre, Thomas Huot-Marchand présentera quelques-uns de ses derniers travaux, et des alphabets inédits.

www.thomashuotmarchand.com
www.256tm.com

Prochaines conférences:
Fanette Mellier
Jean-Marie Massaud
Gavillet & Rust

mercredi 3 novembre 2010

Interview de François Chastanet

Les gens qui suivent régulièrement notre blog, n'auront je pense aucun mal à saisir les raisons de cet interview. La lettre, la typographie, le graffiti, la structure, l'architecture sont autant de thèmes qu'aborde François Chastanet dans ses livres. À travers cette entrevue filmée nous avons souhaité qu'il revienne sur ses recherches et sur la place qu'elles occupent maintenant dans son travail. Je vous laisse donc découvrir l'entretien d'une vingtaine de minutes que nous avons réalisé au mois d'avril dernier. Un grand merci à lui d'avoir accepté cet exercice pas facile qu'est le passage devant la caméra, à noter aussi la participation exceptionnelle d'Alexandre Gervet l'un de mes "partners in crime" venu me prêter main forte pour l'occasion.

Biographie:
François Chastanet est né en 1975 à Bordeaux. Diplômé de l’École d’Architecture et de Paysage de Bordeaux, il poursuit ses recherches en 2000 à l’Atelier National de Recherche Typographique à Nancy sur la signalétique, puis dans le cadre du DEA ‹Projet architectural et urbain: théories et dispositifs› à l’École d’Architecture de Paris-Belleville en 2001.
Enseigne depuis 2002 le design graphique et la typographie au sein de l’option Communication de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Toulouse / ESBAT et conjointement depuis 2010 dans le département Design de l’École Supérieure d’Art et de Design de Saint Étienne / ESADSE. Travaille dans la conception graphique, le dessin de caractères et l’architecture, écrit sur l’épigraphie contemporaine avec un intérêt particulier pour la communication visuelle des cultures urbaines. A participé à différentes conférences internationales, ses articles ont notamment été édités par les revues Eye ou Baseline Magazine.
Auteur en 2007 d’un ouvrage de référence intitulé Pixação: São Paulo Signature, une recherche photographique à São Paulo, Brésil, documentant la relation entre la signature urbaine, le corps et l’architecture, il publie en 2009 un second ouvrage intitulé Cholo Writing in Los Angeles aux éditions Dokument Press sur les graffitis des gangs latinos.

http://francoischastanet.com/

Ouvrages:
Pixação: São Paulo Signature | auteur: François Chastanet | éditeur: XGpress | dimension: 19,5 × 26 cm | couverture: couverture rigide quadrichromie | contenu: 280 pages, 125 photographies couleur, 85 illustrations noir & blanc | textes: 4 essais originaux par l’auteur & avant-propos par Steven Heller | ISBN 978-2-9528097-0-2 (langue française) | sortie officielle: avril 2007 | distribution: critiques.livres [at] wanadoo.fr
Pour vous le procurer: Amazon

Cholo Writing: Latino Gang Graffiti in Los Angeles | auteur: François Chastanet | éditeur: Dokument Press | dimension: 16 × 24 cm | couverture: couverture souple quadrichromie avec rabats | contenu: 136 pages, 75 photographies, 5 illustrations calligraphiques | textes: 2 essais originaux par l’auteur & Howard Gribble, avant-propos par Chaz Bojórquez | ISBN 978-91-85639-21-2 (langue anglaise) | sortie officielle: octobre 2009 | distribution: Dokument Press, SCB Distributors Inc., Critiques Livres pour la France | dossier de presse
Pour vous le procurer: Amazon

lundi 1 novembre 2010

Fuzi World

Fuzi expose à Amsterdam don't miss it

FUZI WORLD
King regards
Blaq Jacket Gallery
Heintje Hoeksteeg 81012 GR
Amsterdam
Du 30 oct au 11 nov

http://fuziuvtpk.blogspot.com/

jeudi 23 septembre 2010

Les lettres de noblesse du Parti Communiste

Au hasard d'une de mes errances estivales, je remontais vers les hauts plateaux bellevillois en passant devant l'immanquable bâtiment d'Oscar Niemeyer commandé par le Parti Communiste Français. Son étrange dôme à la forme de soufflet dégonflé m'a toujours interloqué. Étant gamin, je l'associais à une sorte de frère indigne de la géode, sur lequel on avait très envie de monter afin d'en éprouver la mollesse. Cette esplanade construite dans la continuité de la place du Colonel Fabien crée un vide qui happe le regard et le projette sur le siège autoritaire du PCF. C'est probablement pour cette raison que je n'ai jamais remarqué les panneaux de nomination du lieu.

Ci-dessous, 3 magnifiques clichés pris en contre-jour par votre serviteur. L'aventure commence ensuite.
 
La superbe découpe en forme de nuage semble être un vice d'époque j'en conviens, mais le plus étonnant reste sans doute cette composition typographique. Si le Mouvement Jeune Communiste de France s'en tire en Avant-Garde, choix pertinent si on tient compte de l'époque (le bâtiment fût achevé en 1971 et l'Avant-Garde, sortie chez Itc en 1970, early adopter), les deux autres se virent attribuer une Didone. Mon sang ne fit qu'un tour. Que venait faire ce caractère taxé de néo-classique, sur l'enseigne du Parti Communiste? Quelle preuve de lyrisme pour le parti des travailleurs, n'est-ce pas ? La majorité du temps, le choix d'une typo s'effectue selon des critères rationnels. Or ici, rien ne semble rattacher cet acte à une quelconque sémantique… En tout cas pas encore.

Les didones (contraction des noms Didot et Bodoni) virent le jour en France à la fin du XVIIIe siècle dans les dessins de Firmin et de Pierre Didot et étaient destinées à l'imprimerie de leur père. Cette famille connue pour l'excellence de son travail, fût avant 1789 l'un des imprimeurs du roi Louis XVI. Durant la Révolution cette perfection leur fît office de passe-droit. Enfin sous Napoléon Ier, le style Didot devint à l'instar du mouvement néo-classique la marque de l'empereur.  Il reste aujourd'hui encore une référence de la typographie «à la française».

 
Portrait de Firmin Didot (1764-1836), 
par Girodet De Roussy-Trioson Anne-Louis, 1823 

crédit rmn < Une autre personne pouvait se targuer d'avoir traversé les turbulences de l'histoire grâce à ses mérites, il s'agit de Joseph Fouché. Homme d'église, puis Girondin, il vota « la mort » lors du procès de Louis XVI et bascula de fait sur les bancs des Montagnards. Cet homme mata ensuite sauvagement l'insurrection lyonnaise, participa activement à la chute de son ancien ami Robespierre et (re)deviendra Ministre de la Police sous Napoléon et sous Louis XVIII. «Ce singulier génie qui frappa Napoléon d’une sorte de terreur» est aussi l'investigateur du premier manifeste nettement communiste des temps modernes. Bien avant le célèbre écrit de Karl Marx, ce document énergique, en avance dans ses revendications de cent ans sur son époque, ce document, est l’un des plus étonnants de la Révolution1.


Joseph Fouché

« Tout homme qui est au-dessus du besoin doit concourir à ce secours extraordinaire. Cette taxe doit être proportionnée aux grands besoins de la patrie ; ainsi vous devez commencer par déterminer d’une manière large et vraiment révolutionnaire la somme que chaque individu doit mettre en commun pour la chose publique. Il ne s’agit pas d’exactitude mathématique, ni de ce scrupule timoré avec lequel on doit travailler dans la répartition des contributions publiques : c’est ici une mesure extraordinaire qui doit porter le caractère des circonstances qui la commandent. Agissez donc en grand : prenez tout ce qu’un citoyen a d’inutile ; car le superflu est une violation évidente et gratuite des droits du peuple. Tout homme qui a au-delà de ses besoins ne peut plus user, il ne peut qu’abuser. Ainsi, en lui laissant tout ce qui lui est strictement nécessaire, tout le reste, pendant la guerre, appartient à la République et à ses membres infortunés. »2

La conclusion semble maintenant limpide, le Parti Communiste a choisi de rendre discrètement hommage à ce fabuleux tacticien, père occulte de leur mouvement. Et si cette épilogue semble fabulé soit, j'en accepte toutes les conséquences. Devant le désenchantement de notre époque il est bon parfois de remettre du sens là où il n'y en a pas... Et puis l'absurdité n'est elle pas la plus belle des raisons?

notes:
1. Fouché – Stefan Zweig
2. Extrait de l'Instruction de Lyon – Joseph Fouché et de Collot d’Herbois
« La Révolution est faite pour le peuple ; il est bien aisé de comprendre que par peuple on n’entend pas cette classe qui, privilégiée par ses richesses, a usurpé toutes les jouissances de la vie et tous les biens de la société. Le peuple est l’universalité des citoyens français : le peuple, c’est surtout la classe immense du pauvre ; cette classe qui donne des hommes à la patrie, des défenseurs à nos frontières, qui nourrit la société par ses travaux. La Révolution serait un monstre politique et moral, si elle avait pour but d’assurer la félicité de quelques centaines d’individus et de consolider la misère de vingt-quatre millions de citoyens. Ce serait une illusion blessante pour l’humanité que de déclamer sans cesse le mot d’égalité si des intervalles immenses de bonheur devaient toujours séparer l’homme de l’homme. »2

mercredi 8 septembre 2010

Peur Bleue & Friends nuitée

Soirée Peur Bleue
le 11 septembre 2010

Gohan invite Guillaume Berg, Logo et Soundscriber à l'Udo.
En ce fatidique 9/11, on célébrera la sortie du nouveau mix-voyage de Gohan et de son dernier remix sur le nouvel EP de Logo (kitsune). D'une pierre, deux coups.

Pour ceux qui n'ont guère peur.

Udo, 4bis rue neuve-popincourt,
dans le onzième.


Photo: The Park de Kohei Yoshiyuki

lundi 30 août 2010

Gohan Mix#16 | Special DCDL XXXII — KILIMA NJARO



clicker pour voir en grand

Nouvelle Cover pour Gohan.
Tableau de Karel Appel – Jumping Fox with Green Virgin.

Plus d'info sur Peur Bleue

jeudi 26 août 2010

Conqueror + Porchez = Free font ?

Conqueror s’associe à Typofonderie pour fêter la sortie du nouveau papier éco-responsable Bambou. À cette occasion la marque distribue gracieusement une famille de cinq caractères déssinée par Jean François Porchez. Il suffit de remplir un formulaire pour obtenir gratuitement le précieux sésame. (ici)


Le Sans sert de référence à l’ensemble de la famille qui conserve sa chasse et laisse présager d’intéressants jeux graphiques.

Des sources internes au dossier m’ont informé que la fratrie rentrerait dans le giron typofondriesque d’ici 2 ans (durée de la licence exclusive) et que celle-ci serait ensuite finalisée.

Profitons donc de cette généreuse initiative pour voir ce qui nous attend.

Voici quelques infos tirées du communiqué de presse.

AW CONQUEROR SANS



Le AW Conqueror Sans s’inspire des fontes utilisées en Europe pendant l’entre-deux-guerres. De type linéale géométrique, il évoque à la fois l’esprit du Bauhaus et de la période des Arts-déco. Le AW Conqueror Sans est un caractère contemporain sans empattements ; le point de référence de l’ensemble de la famille de caractères. Vos textes peuvent être composés dans les différentes versions sans influence sur la chasse globale. Le AW Conqueror Sans se pare également de capitales ornées, formes habituellement associées aux italiques de la Renaissance.

AW CONQUEROR DIDOT



Le AW Conqueror Didot ne s’inspire pas des caractères créés par la dynastie Didot au début du XIXe siècle, mais plutôt des interprétations spectaculaires apparues dans les années 1960 et 1970. Ces deux décennies voient l’émergence de compositions typographiques employant des caractères à fort contraste en très grand corps, notamment dans la publicité et l’édition. Cette nouvelle fonte fait référence à l’âge d’or des caractères en planche transfert et à Herb Lubalin, typographe passé maître dans l’art du titrage « Hight but not touching », c’est-à-dire en approches serrées sans chevauchements.

AW CONQUEROR INLINE



De nombreux caractères de titrage ont fait leur apparition au début du XXe siècle, notamment les Acier et Bifur, tous deux créés par l’affichiste français Cassandre. Plus tard, aux Pays-Bas, S.H. de Ross conçoit pour sa famille de caractères Nobel une déclinaison éclairée logiquement baptisée Nobel Inline. Le AW Conqueror Inline rend hommage à cette belle création.

AW CONQUEROR SLAB



Le AW Conqueror Slab est une déclinaison du AW Conqueror Sans dans un esprit Mécane Géométrique très connoté années 1930, dont le Rockwell en est un parfait exemple. Dans les années 1970, le genre est relancé par le Lubalin Graph alors que la mode est au caractère Avant Garde. Le AW Conqueror Slab incarne à merveille le come-back réussi des « slabs » dans l’univers du design graphique au cours des dernières années.

AW CONQUEROR CARVED



Cette fonte caractérise parfaitement le style de lettrages en vogue durant le XIXe siècle employés pour les frontispices des livres.

Il n’était pas rare de retrouver des caractères à effets relief sur des boîtes et autres emballages de l’époque.

À noter que Conqueror distribue aussi un caractère chinois/japonnais dessiné par The Beijing Founder Electronics Company. Quand on connait la difficulté de travailler avec des fontes de qualité au «Pays du Milieu», on ne peut que saluer l’initiative. Néanmoins, petit bémol, la partie caractères latins est toujours aussi catastrophique (Les sinogrammes sont très souvent associés à des caractères latins issus de la même fonte).

En effet, trop souvent, lorsque les chinois ont besoin d’associer une fonte latine à une fonte chinoise, ils ne cherchent pas bien loin, et utilisent les caractères latins présents dans celle-ci.

FZXiDengXian par The Beijing Founder Electronics Company

samedi 17 juillet 2010

Jakob Nielsen: Book vs ipad vs Kindle vs Pc

Conscient d'avoir quelque peut délaissé les nouveaux médias je vais tenter de rattraper expressément cette négligence. Et pour commencer de la meilleure des facons rien ne vaut une petite étude de notre très cher et magnanime Jakob Nielsen intitulée «iPad and Kindle Reading Speeds». 

Cette étude porte sur la lecture d'un texte long sur différentes plates-formes (Book, iPad, Kindle, Pc). Une vingtaine de personnes ont été chronométrées en lisant une nouvelle de Ernest Hemingway.
Le résultat est sans appel, le livre reste le medium le plus rapide à lire, suivi de l'ipad (6,7% plus long) et du Kindle (10%). Le confort de lecture par contre (sur une échelle de 1 à 7), l'iPad, le Kindle et le livre atteignent des scores proches dans l'ordre 5,8, 5,7 et 5,6. Le Pc est lui largement décrié avec une note de 3,6.

Les principales remarques ayant émané des utilisateurs sont le poids excessif de l'iPad et l'apparence grisâtre du texte sur le Kindle. L'absence de pagination ressort aussi comme une gène notoire de la tablette d'Amazon, les utilisateurs lui préférant le système d'Apple.

Autre retour intéressant, les cobayes ont trouvé la lecture sur un livre plus relaxante que sur les autres devices. Le Pc quant à lui rappelle trop le monde du travail (sic).

Si cette étude s'avère positive pour le futur des tablettes pour ma part, je me montrerais plus critique. Cette frénésie de nouveaux objets et finalement leur peu d'utilité ne sont pas prêts de faire disparaître le livre. Le plaisir d'une belle mise en page (quasiment inexistante sur l'iPad et le Kindle), l'odeur, la couleur d'un papier et surtout le plaisir matériel qu'il procure reste à mon humble avis une expérience bien supérieure à celle d'un écran. Néanmoins ce schéma n'est pas applicable à l'ensemble des écrits, le format journal ou magazine plus succinct sera probablement beaucoup plus adéquat à cette nouvelle formalisation.

Assistera-t-on à une évolution majeure des habitudes de lecture comme le monde de la musique a connu avec l'avènement du mp3? Rendez-vous dans 2 ans.

Ps: C'est pas gagné d'avance, en tout cas pour ceux que ca intéresse je vous renvois à une autre étude du bon vieux Nielsen. iPad Usability: First Findings From User Testing (une version résumé et en français sur le blog de Fred Cavazza)

Une petite photo de Jakob

mardi 13 juillet 2010

Formulaire web

Continuons sur la lignée des travaux ingrats avec un livre de Luke Wroblewski qui ravira les designers d'interfaces rompus aux menus détails.




Web Form Design — Filling in the Blanks
By Luke Wroblewski. Rosenfeld Media, May 2008.
Availability: Paperback + PDF (1-933820-24-1); 2 PDF editions (1-933820-25-X)
— 36,00 $
Paperbacks + PDF Package: One full-color paperback (6" × 9" / 15.2cm × 22.9cm). Printed on high quality paper with a sewn binding. Also included: a DRM-free PDF edition, designed for on-screen use, that you can download right away

lundi 5 juillet 2010

The Form Book

Le design de formulaire et autre ersatz administratif m'ont toujours intéressé. La rigidité, la fonctionnalité et le peu de marge de manœuvre en font un exercice périlleux et seuls les plus doués (et les plus geeks) d'entre nous arrive à tirer partie de ce contexte difficile. Borries Schwesinger tente à travers cette investigation inspirée  «Formulare gestalten» de pallier au manque de références en la matière. J'avais aperçu ce livre il y a 3 ans à Amsterdam dans la librairie Nijhof & Lee mais le titre allemand ne m'était jamais revenu depuis. Heureusement thames & hudson viennent d'avoir la bonne idée de sortir sa version anglaise. Je vais donc enfin pouvoir combler mes lacunes sur le sujet.

Formulare gestalten. [The form book] is a comprehensive guide book for the designing of paper and online forms. It proves that the design of application forms, order forms, questionnaires, checklists, bills, statements, tickets and certificates can be both appealing and functional. It explains how companies and public services can communicate better with better forms and examines methodically how to design forms in an user-centered way. With more than 60 case studies presented the book is a reference for designers, private companies and public services.












formulare-gestalten
ISBN 9780500515082
29.60 x 21.00 cm
Quarter bound/PLC (no jacket)
324pp
Illustrated in colour throughout
First published 2010
£35.00

lundi 28 juin 2010

Gohan - Running To The Ghost

Deuxième volet de la trilogie gohanesque


Réalisation: Marz
Images extraites de Koyaanisqatsi.

samedi 19 juin 2010

Art Brut Japonais à la Halle Saint Pierre


« Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écriture, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non, celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe. » 
— Jean Dubuffet, L’art brut préféré aux arts culturels, 1949 (Manifeste accompagnant la première exposition collective de l’Art brut à la Galerie Drouin, reproduit dans Prospectus et tous écrits suivants, Gallimard, 1967)

Moriya Kishaba







Dans ce type de création je retrouve une sincérité, une force, une radicalité que je peine à retrouver dans les productions actuelles. En effet les fous ne se formalisent de la bienséance des artistes contemporains.
C'est donc plein d'entrain que je décidais de visiter l'exposition sur l'Art Brut Japonais dont certains artistes avaient été exposés à Lausanne quelques mois auparavant.

Cette exposition se tient à la Halle St Pierre, à deux pas du sacré cœur, une de ces adresses dont seule "La Ville de Paris" à le secret, toilette à pièces, coin café au service fatigué et librairie mélangeant ouvrage sur l'art naïf et souvenir de Montmartre. C'est dans ce joyeux capharnaüm que se déroule du 24 mars 2010 au 2 janvier 2011 l'exposition sur l'Art Brut Japonais.  On a d'ailleurs l'impression que la thématique de la halle sert d'alibi à ce je-m’en-foutisme. Abstraction faite de ce cadre «idyllique», les œuvres présentées sont passionnantes et valent le détour.

Ueda Shiho




L'écrit y occupent une place très importante. On ressent une telle nécessité à communiquer par tous les moyens chez certains de ces artistes, que l'on ne peut rester insensible devant tant d'énergie déployée. Qu'ils aient recourt à une graphie classique ou un système totalement imaginaire, le résultat est souvent inintelligible à la lecture. Il faut prendre du recul (au propre comme au figuré) pour aborder ces tableaux et tenter d'en saisir leurs contenus. L'exercice est finalement très abordable et on finit rapidement par entamer un dialogue avec l'œuvre.

Car ces gens sont fous, torturés, malades! Pourtant, cette souffrance sourde et introvertie les a rendu ultra sensible à un détail qu'ils ressassent inlassablement à la recherche d'une réponse. De ce travail de l'absurde se dégage une grande force. La radicalité des solutions plastiques, associée à une économie moyens, rend la démarche passionnante. On retrouve une grande pureté du geste dans ces oeuvres comparables à certain chef d'oeuvre de la calligraphie/peinture asiatique. Un moment d'une grande beauté...

Iwasaki Tsukasa



Kittaka Hiroe


Karimata Akihiro




Sakuta Yuichi




Shibata Takako






Shimoda Takahiro




yuichi saito






Yuji Tsuji



Uezato Hiroya







Merci au Spirit Museum dont l'ensemble des reproductions photographiques sont issues.
Plus d'information http://www.art-brut.jp/