lundi 26 janvier 2009

castillo/corales

Lors d'une de nos ballades bellevilloises Chew & moi sommes tombés sur une boutique rue Rébeval baignant dans une lumière froide et fluo. Une petite pièce aux murs blancs remplie de livres (ni trop, ni pas assez) à la façade en verre. Nous avons passé une demi-heure à feuilleter les ouvrages présents. Nous avons pu entre autre faire l'acquisition de DotDotDot et jeter un œil à la trop rare collection Hyphen. L'émotion passant, nous nous sommes posés la question de savoir qui était derrière cette initiative. Nous avons donc interrogé la galerie castillo/corales, à l'origine de cette librairie éphémère, sur leur champ d'action et leur motivation.



Quelle est le sens et les objectifs de castillo/corales? | De qui est composé castillo/corales?

Thomas Boutoux, François Piron, Benjamin Thorel, commissaires d'exposition et critiques d'art, Oscar Tuazon, artiste, Boris Gobille, chercheur en sciences politiques. Oscar, qui est américain, côté Oregon, s'est installé à Paris début 2007 et l'idée d'ouvrir un espace d'exposition s'est décidée à ce moment-là. Nous travaillons de manière collective dans castillo/corrales, de manière horizontale, sans chercher à prédéfinir nos rôles, et on se relaye pour s'occuper de l'espace en prenant sur notre temps personnel. On conçoit nos expositions ensemble, en discutant, en travaillant dans un même endroit presque quotidiennement. Ce n'est pas qu'un lieu d'exposition, mais aussi un lieu de travail, donc, d'échange, de discussion, de rencontre avec d'autres artistes, curateurs, critiques, vivant à Paris ou de passage. Le projet prend son sens dans le contexte parisien: il s'agissait de faire quelque chose qui nous manquait ici, en termes d'ouverture... si nous allons vers des formes, des pratiques moins prisées sur la scène artistique parisienne, au-delà de questions de goût, il s'agit d'élargir le champ de réflexion, de perception, de références. c/c se définit par son programme, par une certaine manière de mener des projets à notre échelle, en collectif. Et puis c'est l'occasion de faire en commun des choses qu'on ne ferait pas tout seul à Paris. Personne ne gagne de l'argent, c'est quelque chose que nous faisons à côté de nos activités respectives.

Votre localisation a le mérite d'être originale, comment avez-vous atterri là?

L'espace que nous occupons a d'abord été celui de la galerie Jocelyn Wolff, avant d'être un bureau partagé par différentes structures, toutes liées à l'art contemporain. Le lieu a été retransformé en lieu d'exposition début 2007, et entre le Plateau, les galeries d'art, et à cette époque encore la Générale, Belleville est un quartier où ce genre de projet n'est pas incongru. Certes nos visiteurs doivent faire un petit effort supplémentaire pour monter jusqu'à la galerie, mais ce n'est pas pour nous déplaire... Chose importante, la gastronomie locale est bon marché et de qualité. Ce qui en fait vraiment un bon lieu de travail.

Comment vous positionnez-vous par rapport au milieu extrêmement mercantile qu'est devenu l'art contemporain?

Ce n'est sans doute pas une nouveauté que l'art, en tant que pratique, système économique, jeu social, soit lié à l'argent. Avec castillo/corrales, nous essayons de considérer cette situation de manière pragmatique et réaliste. Si nous voulons nous maintenir comme un espace indépendant, où nous pouvons élaborer un programme d'expositions, de conférences, discussions, etc., nous devons créer notre économie. Nous ne cherchons ainsi pas à recevoir des subventions publiques, pour ne pas être redevables de nos activités à quiconque; cherchant à nous financer de manière autonome, nous nous définissons du coup comme une galerie. Les quelques activités commerciales que nous avons (vente de certaines œuvres présentées dans nos expos, qu'elles soient mises en dépôt par une autre galerie ou que nous travaillions directement avec un artiste, vente de livres, principalement) nous permettent de rentrer dans nos frais (loyer, charges, budgets d'expos), et de continuer. Au fur et à mesure, on essaie de construire notre propre modèle, de s'inventer un mode de fonctionnement, d'affirmer une position en dehors des circuits institutionnels établis, et même de montrer que cela est possible.



En tant que galerie, comment percevez l'évolution du modèle de cotation et de vente d'œuvres (Cf: Damien Hirst chez Sotheby's)?
v. avant

La communication est-elle devenu un enjeu majeur pour un artiste?

On a souvent l'impression que les acteurs du champ (artistes ou autres) se préoccupent plus de communiquer, d'occuper le terrain, que de se poser la question d'un propos, avant même d'envisager son adéquation avec un mode d'expression. En ce sens, la communication est un enjeu majeur (l'art est une forme d'échange) et c'est un faux problème (elle n'a pas à prendre le pas sur une démarche, des intuitions, un questionnement, quelque engagement que ce soit). Pour ce qui est de questions de sites internet, ou de dossiers de présentation, d'auto-représentation, c'est un vaste problème..

En tant qu'artiste, curateur,... qu'attendez-vous d'un concepteur graphique?

Qu'il (ou elle) ne soit pas qu'un adjuvant de communication, justement, mais que, pour un support imprimé ou pour tout autre chose, il y ait matière à discussion ouverte, prospective -- plutôt que de commencer par, de part et d'autre, renvoyer à des automatismes, ou se contenter de reprendre des recettes. D'autant que la question du design graphique, comme conception d'ensemble d'un objet, de ses contenus, de la manière dont ils sont agencés, devient essentielle lorsqu'il s'agit de prolonger une démarche curatoriale ou artistique sous une forme imprimée, écrite, illustrée de photographies, de reproductions d'œuvres ou d'autres images. Et c'est sans doute ce qui nous intéresse dans les livres d'artiste, catalogues, etc.: que ce soit un espace de réflexion, dans un sens plein, un support pour le déploiement d'une pensée, de mise en perspective d'une démarche et de réflexions sous-jacentes à des pièces, des expositions. La collaboration avec un concepteur graphique, au sein d'un projet éditorial véritable, doit permettre de développer ces questions, de les prendre en charge en proposant des solutions techniques aussi bien que des propositions artistiques de mise en page, etc. La capacité d'un graphiste à tirer également partie des contraintes de travail pour en jouer a aussi plus de valeur que sa capacité à expérimenter sans soin véritable. Mais il n'y a rien de plus triste qu'un livre d'art artificiellement riche, qui se réduit à être un bête outil de promotion, "beau livre" qui ne se lit jamais..

Pouvez-vous nous parlez de votre «Section 7 Books»?

Section 7 Books a été conçue comme partie intégrante de castillo/corrales: c'est une librairie spécialisée en art contemporain et dans des domaines de réflexion ou de création connexes, que nous présentons dans son "intégralité" seulement quelques semaines par an, comme en ce moment, qu'une fois par an, à la place d'une expo. C'est du moins son fonctionnement actuel : quand il y a d'autres exposition dans la galerie, une sélection d'ouvrages reste visible, et nous gardons la plupart des ouvrages.
A l'origine du projet, il y a vraiment eu la prise de conscience d'un manque, ici, à Paris, en ce qui concerne les éditions en art: c'est un travail que personne ne faisait mais que d'autres pourraient en somme faire. Énormément de livres, de catalogues, de revues ne sont jamais ou très peu disponibles, disparaissant très vite des étals des grosses librairies des musées et n'étant pas suivies par des magasins plus orientés sur les livres de collection. ça nous a amené vers des éditeurs étrangers principalement, pouvant allers d'artistes-éditeurs (2nd Cannons, Veneer) jusqu'à des institutions (l'Office for Contemporary Arts norvégien, Casco Projects aux Pays-Bas) en passant par des éditeurs à l'identité très forte, qui font un travail de référence (Hyphen Press, Roma Publications). Et cela concernait qui plus est à la fois des sujets de réflexion pour nous pertinents (critique institutionnelle, réflexion méthodologique, accent mis sur la création collective, écrits d'artistes dans un sens narratif ou théorique) et des éditeurs à la démarche très singulière, mettant un soin particulier dans chacune de leurs publications et à même de concevoir leur activité d'éditeur comme un projet à part entière, complexe et riche. Dans la mesure où de telles démarches sont au final très rares en France, nous avions aussi envie de donner à voir des choses différentes, de proposer d'autres manières de travailler, d'autres types d'engagements dans la chose artistique, avec l'idée de susciter quelques nouvelles idées chez les uns et les autres.

Si vous deviez sauver trois ouvrages d'un incendie qui ravagerait par malheur
votre galerie, lesquels choisiriez-vous?

Disons que pour la circonstance, on va partir avec 3 ouvrages renvoyant à des questions d'édition, sous différents angles:
Du côté de l'édition: le catalogue de l'artiste néerlandais Mark Manders "Isolated Rooms" (Roma Publications), qui est un parfait exemple de monographie réussie, ni livre d'artiste incompréhensible, ni banal catalogue illustré. Manders est lui-même à l'origine de Roma Publications, maison d'édition indépendante qu'il a co-fondé avec le graphiste Roger Willems, et toutes leurs publications témoignent d'une exigence impressionnante.
Du côté de la lecture: "The Back Room: an anthology" (Clear Cut Press), livre dirigé par l'écrivain américain Matthew Stadler, outil de réflexion sur la lecture comme acte social, conversationnel, en mouvement.
Enfin "Designing Books" de Jost Hochuli et Robin Kinross (Hyphen Press), un discours de la méthode, sur la création de livres, qui pourra être d'un grand secours après un incendie.

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www.castillocorrales.fr
65, Rue Rébeval
75019 Paris
+33 (0)1 78 03 24 51
castillocorrales@gmail.com

Belleville or Pyrénées | map
Opening hours: wed - sat : 2 - 7

lundi 12 janvier 2009

Gohan - Mix#9 | T§wn$h!p N@ti#n



Nous sommes en retard sur nos mises à jour donc je fonce un peu. Voici la cover, du maintenant classique, podcast de Gohan. Cette fois-ci, il nous a pondu un mix World Urban. Pour illustrer ce nouvel opus j'ai opté pour une photo prise lors de notre récent passage à Casablanca. Et pour une fois j'ai décidé de créer une composition dans laquelle typo et visuel se fondent. La plupart du temps je n'aime pas marier les deux, je préfère que les éléments soient bien distincts. Pourtant dans ce cas précis cela m'a semblé pertinent. Je souhaitais appuyer l'effet de profondeur pour renforcer le chocs visuel des barreaux venant brutalement couper cette sensation d'évasion. Le titre de mix initiale du podcast "Township Nation" a été traduit en blog orthographe par Gohan.

Voici le texte qui l'accompagne:

Ce que l'on désigne par musique est depuis de très longues années associé à un rite pour de nombreuses cultures. À un moment déterminé, ces rites amènent l'auditeur, comme le musicien à rentrer dans un processus transcendantal, de l'extase à la possession, le corps et l'âme sont dissociés durant cet instant atemporel. Ainsi le rôle de la musique dans la vie sociale et rituelle tant dans les cultures tribales africaines que dans la culture techno ne me parait pas si éloigné.

Pourtant à l'heure policée dans laquelle nous vivons, emmitouflés dans nos intimistes petits salons parisiens, la musique n'est souvent qu'un accessoire banalisé, un prétexte pour dissimuler dans l'hébétement une vie timide et silencieuse.

Township Nation tente, en toute humilité, une approche de la musique moderne comme rituel de soustraction à notre triste apathie des sens : basses épaisses, mélodies naïves, rythmiques tranchantes, sons étranges, clameurs hypnotiques et chauffeurs de salle à la voix rauque, savant mélange pour chatouiller nos pores obstrués. M'accorderiez vous une transe ?

Gohan

Dispo sur le podcast d'EGO6

mardi 6 janvier 2009

Pee | Pinball


Mon ami Pee m'a fait l'honneur de me demander une cover pour son premier mix sur le podcast d'Ego 6.

Pee est un artiste/créatif/dj multi-casquettes.
Il effectue actuellement un cursus de concepteur-réalisateur multimédia au sein de l'école des Gobelins au cours duquel il développe une interface tactile et gestuelle (je vous en reparlerai), in the other hand il est aussi un membre émérite du collectif de dj's/graphistes Bras en l'air et compositeur pour EGO6.

Quand il s'est adressé à moi, pour sa pochette la seule prérogative était de respecter le titre du mix, Pinball.

Après quelques recherches nous avions d'abord posé notre dévolu sur une série de clichés de vieux flippers, dont le style univoque est propre à la culture américaine.


Pourtant, quelques essais plus tard (dont une avec des incrustations de flipper le dauphin), il m'a semblé que je traitais le sujet de manière un peu trop frontale. J'ai eu envie de me positionner non plus sur l'objet mais sur la mythologie qui l'entoure.

Un film répondait parfaitement à cette problématique, Tommy l'opéra rock des Who.


La cover est donc à la manière d'un RZA, un putain de sampling de la cover des Who.
J'y ai simplement ajouté un cartouche, un titrage en Newut hésitant entre majuscules et minuscules créant un léger jeu graphique. Pinball est aussi en Argot associé à "pinball syndrome"

Intoxication to the point of bouncing off the walls , particularly noticeable when standing up and walking to the bathroom after sitting and drinking for a long time .

Alors prêt à goûter le syndrome du flipper?
Dispo sur le podcast d'EGO6

Jenny•k | Remote Control

Après moult délibération, la cover de Jenny•k a changé. Voici l'ensemble des déclinaisons pour le single. Suivie du clip (sur lequel je ne suis pas intervenu)


pour la soirée














dimanche 4 janvier 2009

Musée Cluny | Lecœurbarluet


Nouveau concept graphique pour les supports de communication du Musée Cluny par le duo lecœurbarluet