lundi 20 octobre 2008

Gohan - Mix#8 | Mousson


Photo par Gohan

Je suis personnellement de plus en plus attiré par la séparation photo / texte / titre. Je trouve qu'ici l'image résume à elle seul, le message que voulait faire passer Gohan.

"J'ai voulu transmettre dans ce mix, c'est l'équilibre subtil qu'il existe entre le calme et le chaos, le chiadé et le brut... le tempérament d'un climat de moussons..."

Cette vision en mouvement des néons de Shanghai, m'évoque cette sensation de sécurité que l'on ressent en hiver quand il pleut dehors. L'eau qui ruissèle sur la vitre, trouble la vue et fait déteindre les couleurs.

Dispo via le Podcast d'EGO6

samedi 4 octobre 2008

Linéales pour le labeur (partie I)

Je reviens d'un long séjour en Asie où j'ai passé 2 mois à voyager et travailler avec Chew. La review de nos projets fera l'objet d'un prochain post.

Dans cet article je tenterai de traduire une recherche typographique que j'ai mené à l'occasion d'une commande à Shanghai. Je cherchais une linéale pour le corps du texte d'un livre d'artiste. Je souhaitais vraiment faire le choix de la lisibilité et de la fonctionnalité. Je m'étais souvent posé la question: quel est l'alphabet le plus lisible à l'écran ? Lequel se dessine le mieux sur le papier ? L'interlettrage par défaut est-il le bon ? Etc…

J'ai donc opéré un benchmark comme on dit en informatique, sur plusieurs fontes. J'ai laissé l'interlettrage et l'interlignage par défaut le tout en corps 10pt. Comme texte de substitution j'ai eu recours à un extrait de Chronique Japonaise de Nicolas Bouvier, clin d'œil au périple que je venais de vivre.

Helvetica Neue, Frutiger, Univers de chez Linotype
Arial de chez Microsoft
Akkurat de chez Lineto
Neutral BP (en version d'essaie) de chez Bp
Parisine de chez Typofonderie
Meta et DIN de chez FontFont

Commençons par le dessin même de la lettre



















On peut déjà distinguer plusieurs familles.
Entre les Helvetica-Like, Frutiger-Like, Meta et Din.

Passons maintenant à un examen plus précis du dessin de caractère.

> L'œil et le contrepoinçon du "a" (n'hésitez pas à cliquer pour agrandir)

On remarque qu'il existe une grande différence au niveau de l'attaque de la panse. Certaines tentent de récupérer la continuité du jambage (Helvetica Neue, Arial, Parisine, Akkurat) alors que d'autres ont une attaque très proche de l'orthogonalité. L'Helvetica Neue, l'Akkurat et la Parisine arborent une queue inférieure très marquée, alors qu'elle disparait chez les autres (Din, Arial, Neutral, Univers, Frutiger).On peut distinguer deux catégories de queue supérieure, l'une présentant une courbe proche de la boucle (Helvetica Neue, Arial, Univers, Neutral Bp, Akkurat) et la seconde dont l'extrémité du jambage est plus rectiligne (Frutiger, Meta, Din, Parisine).


Points créés lors de la vectorisation. N'étant pas spécialiste en la matière je me bornerai à remarquer une simple divergence numéraire. Néanmoins cette vue permet de mieux visualiser mes précédents propos.

La lettre "k". La diagonale inférieure prend racine au niveau du jambage supérieur pour l'Univers, le Fruitiger et le Meta et directement sur la diagonale supérieure pour les autres. On notera aussi que l'extrémité du Meta affiche une légère inflexion.




La comparaison des "X"est intéressante car elle montre que le centre de gravité de tous ces alphabets est le même. Exception faite pour le Neutral. On signalera aussi que certains affichent une symétrie presque parfaite entre leurs parties inférieure et supérieure.

Les "R" présentent des diagonales inférieures plus ou moins enchaînées. On peut utiliser cette lettre comme un bon référentiel d'un alphabet. Le "Q" par sa singularité peut aussi être utilisé à cet effet.

Cette première partie révèle déjà pas mal d'informations.
Helvetica Neue: il n'est pas le caractère le plus neutre dans sa construction mais il présente une harmonie indéniable tant dans sa forme que dans son équilibre. Ses contrepoinçons sont larges et bien dessinés. La différence entre les basses et hautes casses est claire et sans équivoque.

Arial: Souvent décrié comme une pâle copie de l'Helvetica, l'Arial prouve ici qu'il ne faut pas le négliger. Issu lui aussi de l'interprétation de l'Akzidenz-Grotesk (AG), il a ses spécificités. Nous verrons dans la deuxième partie la manière dont il fonctionne.

Neutral Bp: Le processus de création de cet alphabet concorde parfaitement avec l'objet de ma recherche. Pour plus de détails, je vous invite à consulter le livret qui lui est associé. Le Neutral présente majoritairement une hauteur de capitale plus grande et un centre de gravité plus haut. Son "a" se rapproche de l'Univers alors que son "R" tend plutôt vers une AG, son "Q" arbore une forme proche de l'Helvetica Neue mais avec une panse plus ovale. Il est aussi plus gras que ce dernier.

Akkurat: Comme pour la Neutral, L'Akkurat est un alphabet contemporain créé dans la continuité des sans-serifs suisses. Il est intéressant de voir que ni l'une ni l'autre n'a conservé le "R" du Helvetica et que le "Q" présente aussi une panse plus ovale tout en conservant la queue.
Pourtant il présente un aspect plus crochu, son "l" est assez similaire à celui du Din, son "t" et son "a" affichent aussi un spur bien marqué.

Univers: Premier Alphabet à avoir une vocation universelle, son dessin est très franc et bien gras. Il est aussi moins rond et plus compact que l'Helvetica. Il reste pour moi aujourd'hui encore un caractère de référence.

Frutiger: Initialement crée pour l'aéroport Charles De Gaulle, le Frutiger reprend les caractéristiques de l'Univers et de la Gill sans. Il est en découle un alphabet ni géométrique ni humaniste, ses formes sont conçues de façon à ce que chacun de ses caractères soit facilement reconnaissables et identifiables, qu'on le regard de prés ou de loin. Il est pour ainsi dire très connoté années 70, ce qui lui donne son charme. Ses lettres sont bien grasses et ouvertes.

Parisine: Conçu pour la Ratp, le Parisine dispose d'une documentation complète sur ses conditions de création. Dessiné sur une base d’Helvetica Bold étroitisé à 90%, le Parisine Bold est conçu plus ouvert pour rétablir les pertes dues à l’étroitisation. Comme le Frutiger, il opte pour une "forme spécifique de chacune des lettres individuelles". Si son dessin est à l'origine issu du Helvetica, son processus de création le fait tendre vers du Frutiger. (visible par exemple pour le "a"). Son "R" est franc et proche des proportions du "X". Il intéressant de voir qu'une problématique assez similaire entraine des choix fonctionnels et esthétiques proches.

Meta: Initialement prévu pour la Poste allemande pour "l’impression en petit corps sur du mauvais papier", il ne reçu pas son approbation. Néanmoins, il fut lancé commercialement un peu plus tard et connu un grand succès qui lui valu le surnom “d’Helvetica des années 1990”. Son dessin est assez différent des autres linéales, on sent une réelle volonté de l'auteur d'humaniser son caractère. Il est dans l'ensemble plus étroit et plus maniéré que les autres. Son "k" et son "Q" témoignent d'ailleurs dans ce sens. Autre curiosité son "J" présente un jambage inférieur. Dans son ensemble ses liaisons et ses fût restent bien francs malgré une inspiration romane palpable.

Din: De loin l'alphabet le plus brut, il est considéré comme étant le caractère historique de signalétique allemande. Il est d'ailleurs toujours utilisé pour les autoroutes outres-rhin. Son dessin initial était basé sur un trait continue (la Din 1451), ce principe a été abandonné depuis. Si vous désirez plus d'information, je vous conseillerais la série d'articles écrits, par le dessinateur de la ff Din, Albert-Jan Pool pour l'e-magazine "Encore"(lien). Par sa brutalité, sa forme dégage une impression de technicité et un aspect assez froid. Contrairement aux autres alphabets, l'AG n'est pas à la base de son dessin. Cette singularité lui confère ses propres qualités. Ses caractères sont moins gras et très proportionnés, ils sont aussi moins larges, lui donnant cet aspect rigide et étiré. Son "l" présente un spur, son "Q" est bien ovale et ses contreformes sont larges.

Ainsi se termine la première partie, j'attendrai de bien analyser le fonctionnement de ces caractères dans leur utilisation pour tirer de vraies conclusions.

vendredi 3 octobre 2008

Une histoire de branché & Tendances et Business - Arte

Je vous conseil ces excellents reportages diffusés l'année dernier sur Arte. Sur les origines de la branchitude et ses liens avec le business.



Une histoire de branchés

France, 2007, 52mn
Auteur : Dominique Babin
Réalisateur : Laurent Lunetta
Coproduction : ARTE France, Novaprod
vendredi, 14 décembre 2007 à 22:h15
Rediffusions les 17.12.2007 à 09h55

Tendances et business
France, 2007, 52mn
Auteur : Dominique Babin
Réalisateur : Stéphane Werner
Coproduction : ARTE France, Novaprod Owl
Vendredi, 14 décembre 2007 à 23h10
Rediffusions les 16.12.2007 à 13h05
17.12.2007 à 10h50
04.01.2008 à 05h00

Hip machine
Qui a dit qu'être cool vous situait à la pointe de l'originalité ? Aujourd'hui, la hip attitude revient en général à faire comme tout le monde - ou, plus précisément, à se conformer à un modèle soigneusement défini par quelques personnes, puis adopté par le plus grand nombre. Si l'innovation devient inéluctablement une norme, dans la hip society, la nouveauté devient standard et valeur marchande de façon immédiate, presque simultanée. Le film met au jour cette confluence particulièrement juteuse entre création et économie, et le mécanisme profondément pervers du capitalisme qui consiste à intégrer sa propre remise en cause et à la rendre rentable. Le père de la hype, Andy Warhol, avait vu juste : sa Factory est devenue une véritable usine, et même une poule aux oeufs d'or. Quant aux barons de la hype d'aujourd'hui - artistes, designers, créateurs de mode, patrons de boîtes de nuit, chercheurs de tendances ou gourous du Web - ils ont au moins un point commun : ils ne se font plus d'illusions.